Peut-on enterrer un container maritime pour construire sa maison ?

Container maritime enterré transformé en maison semi-enterrée avec façade vitrée et toiture végétalisée.

Bienvenue sur Habitat Bulles ! Je suis ravie de vous accueillir dans cet espace dédié à la construction d’habitats insolites. Pour vous remercier de votre visite, je vous offre 5 clés pour concevoir un habitat bioclimatique semi-enterré, à louer en courte durée ou pour y vivre durablement.

Peut-on enterrer un container maritime pour construire sa maison ?

Vous m'avez demandé…

Virgile m’a récemment envoyé cette question :

« Bonjour, existe-t-il des exemples de maison semi-enterrée en container maritime ? Cela fait 15 ans que j’essaye de monter un projet de maison enterrée mais le combo difficultés de financer une autoconstruction, logement atypique (avec les contraintes PLU inadapté) et difficultés de trouver un terrain favorable à ce projet rendent ce type de projet très difficilement accessible. Pour info nous avons déjà construit notre maison actuelle. »

La question de Virgile est intéressante parce qu’elle en cache finalement deux.

Peut-on techniquement enterrer un container maritime pour en faire une maison ?

Et surtout :

est-ce réellement une bonne idée ?

Un container, c'est solide… mais pas forcément comme on l'imagine

Porte-conteneurs chargé de nombreux containers maritimes empilés les uns sur les autres.

Quand on regarde les containers empilés les uns sur les autres dans un port ou sur un porte-containers, la première réaction est assez logique :

« Si ça supporte tout ce poids, ça doit être parfait pour construire sous terre ! »

Malheureusement, ce n’est pas aussi simple. Un container maritime est effectivement une structure extrêmement robuste. 

Mais il a été conçu pour transporter des marchandises, être manutentionné et être empilé avec d’autres containers.

Lorsqu’ils sont empilés, les charges verticales passent principalement par les quatre poteaux d’angle et les éléments périphériques de la structure. Les tôles ondulées participent notamment à la rigidité de l’ensemble, mais elles ne sont pas conçues comme des murs de soutènement destinés à recevoir en permanence la poussée d’une masse de terre.

Et c’est là que les choses se compliquent.

La terre ne pousse pas seulement vers le bas

Container installé dans une excavation avant remblaiement de la terre contre ses parois latérales.

Lorsque l’on enterre une construction, il ne faut pas seulement supporter le poids de la terre située au-dessus, la terre exerce également des pressions latérales sur les murs.

Ajoutons l’eau éventuellement présente dans le terrain, le drainage, les mouvements du sol et les charges supplémentaires au-dessus de la construction, et notre container, qui paraissait extrêmement solide lorsqu’il était posé sur le sol, se retrouve soumis à des efforts pour lesquels il n’a pas été initialement conçu. Les panneaux du toit et des parois ne reprennent notamment pas les charges comme les poteaux d’angle utilisés lors du gerbage.

Cela ne signifie pas qu’il est impossible de l’enterrer, cela signifie qu’il faut concevoir et calculer sa transformation.

Il faut alors renforcer le container

Ouvriers transformant et renforçant l’intérieur d’un container maritime destiné à devenir une habitation.

On peut évidemment ajouter une structure, des renforts métalliques, une ossature, une protection extérieure, un drainage, une étanchéité sérieuse, éventuellement une structure en béton autour ou au-dessus du container.

Et c’est ici que je commence à me poser une question.

Pourquoi acheter un container si nous devons ensuite construire une deuxième structure pour permettre au container de résister à la terre ?

Nous risquons progressivement de perdre ce qui rendait l’idée séduisante au départ :

sa simplicité et son faible coût.

Et il reste encore à en faire une maison

Intérieur lumineux d’un container maritime aménagé en petite maison avec salon et grande baie vitrée.

Parce qu’un container n’est évidemment pas conçu pour être habité. Il faut créer des fenêtres et des portes. Et chaque grande ouverture pratiquée dans les parois peut modifier le comportement de la structure et nécessiter des renforcements.

Il faut ensuite traiter l’isolation, la ventilation, l’humidité, les ponts thermiques, l’étanchéité et tous les équipements nécessaires à un véritable logement.

Sans oublier une contrainte très simple : la largeur intérieure d’un container reste limitée.

On peut bien sûr assembler plusieurs containers, mais plus nous découpons, assemblons et renforçons les structures, plus nous nous éloignons encore une fois de l’idée initiale :

construire simple et économique.

Semi-enterré plutôt qu'enterré ?

Maison en container semi-enterrée dans une pente avec toiture végétalisée et accès direct au jardin.

C’est peut-être là que la question devient plus intéressante.

Au lieu d’imaginer un container complètement enterré avec de la terre sur les murs et sur le toit, on pourrait envisager une implantation beaucoup plus prudente : un terrain en pente, une partie du bâtiment contre le terrain, une façade largement ouverte vers le soleil et une structure spécialement calculée pour reprendre les charges.

Mais même dans cette configuration, je ne partirais pas du principe que « le container est solide, donc ça tiendra ». La structure et les poussées du terrain doivent être étudiées pour le projet réel.

La question de Virgile va finalement beaucoup plus loin que le container

Couple étudiant les plans de sa future maison sur un terrain constructible avec un professionnel.

Ce qui m’intéresse le plus dans son message, c’est peut-être cette phrase :

« Cela fait 15 ans que j’essaye de monter un projet de maison enterrée. » Quinze ans !!!

Et Virgile a déjà construit sa maison actuelle, ce n’est donc manifestement pas simplement un problème de motivation ou de capacité à construire.

Il cite lui-même trois obstacles :

le financement d’une auto-construction, les règles d’urbanisme parfois peu adaptées aux habitats atypiques et la difficulté à trouver un terrain correspondant au projet.

Je retrouve régulièrement ces problèmes dans les messages que vous m’envoyez.

Et c’est peut-être l’un des principaux enseignements de toutes ces années passées à m’intéresser aux habitats alternatifs : la difficulté n’est pas toujours de construire la maison.

Il faut d’abord réussir à rendre le projet possible.

C'est aussi une des raisons pour lesquelles je travaille sur GreenPod

Maquette, plans et chantier d’un GreenPod semi-enterré illustrant les étapes d’un projet d’autoconstruction

Lorsque j’ai commencé à réfléchir à GreenPod, je me suis posé une question assez proche :

« Comment obtenir les avantages d’un habitat semi-enterré sans transformer la construction en usine à gaz ? »

Je préfère donc partir d’une forme conçue dès le départ pour être semi-enterrée plutôt que d’essayer d’adapter un objet industriel qui avait une tout autre fonction.

  • Une petite surface.
  • Une façade ouverte au sud.
  • Une structure adaptée.
  • De l’inertie thermique.
  • Une toiture végétalisée.

Et surtout une construction suffisamment simple pour pouvoir être envisagée en auto-construction.

Cela ne règle évidemment pas toutes les difficultés évoquées par Virgile. Il restera toujours le terrain, l’urbanisme, le financement et les démarches administratives.

Mais justement :

  • moins le bâtiment lui-même est compliqué, plus nous pouvons concentrer notre énergie sur les vrais obstacles.

Alors, peut-on construire une maison semi-enterrée avec un container ?

Container maritime brut posé à côté d’une excavation destinée à un projet de maison semi-enterrée.

Oui, techniquement, c’est envisageable, mais je ne conseillerais surtout pas de prendre un container, de creuser un trou et de le recouvrir de terre.

Une véritable construction enterrée ou semi-enterrée doit être conçue pour supporter les charges auxquelles elle sera soumise, gérer l’eau et l’humidité et rester durablement habitable.

Et si les renforcements deviennent tellement importants que l’on finit par construire une structure autour du container, il faut alors se poser une dernière question :

  • le container nous fait-il réellement économiser du temps et de l’argent ?

Ou sommes-nous simplement en train de compliquer une construction qui aurait pu être conçue correctement dès le départ ?

Merci Virgile pour cette question.

Et si, comme lui, vous avez un projet, une interrogation ou même une idée un peu étrange concernant les maisons enterrées, semi-enterrées, les maisons bulles ou GreenPod, n’hésitez pas à m’écrire ou à visionner ces 5 vidéos.

Votre question sera peut-être la prochaine à laquelle je répondrai ici.

Bonjour chez vous,

Philippe Delage
Créateur du concept GreenPod

GreenPod, la mini maison bioclimatique semi-enterrée, avec sa toiture végétalisée, sa lumière naturelle, ses panneaux solaires, orientée plein sud, sans chauffage

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