Construire sa maison autrement : par où commencer ?
Construire sa maison est souvent le projet d’une vie. On imagine les pièces, la terrasse, le jardin, les matériaux, la décoration… On consulte des plans, des catalogues de constructeurs et des annonces de terrains.
Mais une question essentielle est rarement posée au départ :
Et si, avant de choisir une maison, nous commencions par réfléchir à notre manière de vivre ?
Car construire autrement ne consiste pas seulement à remplacer les parpaings par du bois, à installer des panneaux solaires ou à choisir une architecture originale.
C’est d’abord remettre en question certaines habitudes et imaginer un habitat réellement adapté à nos besoins.
1. Commencer par définir ses véritables besoins
Combien de mètres carrés nous faut-il réellement pour vivre confortablement ?
La réponse dépend de chacun.
Une personne seule, un couple de retraités, une famille avec des enfants ou quelqu’un qui travaille à domicile n’auront évidemment pas les mêmes besoins.
Mais nous avons souvent tendance à reproduire ce que nous connaissons : une entrée, un salon, une cuisine, plusieurs chambres, des couloirs…
Et si nous repartions d’une feuille blanche ?
Plutôt que de compter les pièces, demandons-nous quelles activités notre maison doit accueillir.
Dormir, cuisiner, manger, travailler, recevoir des amis, lire, se reposer, bricoler…
Ce sont nos activités qui devraient déterminer les espaces, et non l’inverse.
Une maison bien pensée peut parfois offrir davantage de confort avec moins de surface.
2. Construire plus petit, mais pas forcément vivre moins bien
Depuis plusieurs décennies, nous avons pris l’habitude d’associer la réussite à la surface de notre habitation.
Plus la maison est grande, plus elle serait confortable.
Pourtant, chaque mètre carré supplémentaire représente aussi des matériaux, du travail, de l’entretien et des dépenses.
Construire plus petit permet de concentrer son budget sur ce qui compte réellement : la qualité des espaces, la lumière naturelle, les matériaux, l’isolation, l’aménagement et le confort quotidien.
Cela ne signifie pas que tout le monde devrait vivre dans 20 m².
Il s’agit plutôt de trouver la bonne surface pour ses propres besoins, sans construire des mètres carrés inutiles.
Une petite maison intelligemment conçue peut être beaucoup plus agréable qu’une grande maison mal organisée.
3. Et si nous imaginions d'autres formes de maisons ?
Lorsque nous pensons à une maison, nous imaginons généralement quatre murs, un toit et des pièces rectangulaires.
Mais pourquoi cette forme serait-elle la seule possible ?
Il existe d’autres manières de concevoir une habitation.
Une construction cubique peut être simple et fonctionnelle.
Une maison voûtée peut offrir un volume intérieur intéressant tout en proposant une enveloppe continue.
Une maison bulle, avec ses formes courbes, permet de penser les espaces autrement, en s’éloignant des angles et des couloirs traditionnels.
J’ai découvert au fil des années le travail de nombreux architectes et autoconstructeurs qui ont exploré ces possibilités.
Antti Lovag, Pascal Haüsermann, Jean-Louis Chanéac, Peter Vetsch ou encore Antonio Benincà ont montré, chacun à leur manière, que l’architecture pouvait sortir des conventions.
Leurs réalisations nous invitent à poser une question toute simple :
Pourquoi continuer à construire uniquement comme nous l’avons toujours fait ?
4. Pourquoi ne pas utiliser davantage le terrain et la terre ?
Nous construisons généralement nos maisons sur le terrain.
Mais nous pourrions aussi imaginer de les intégrer partiellement dans celui-ci.
Les habitations semi-enterrées présentent plusieurs intérêts potentiels : une meilleure intégration paysagère, une protection contre certaines variations de température extérieure et la possibilité d’utiliser l’inertie thermique du sol.
Une toiture végétalisée peut également contribuer à intégrer visuellement le bâtiment dans son environnement.
Bien entendu, construire contre la terre exige une conception sérieuse : structure, étanchéité, drainage, ventilation, lumière naturelle et gestion de l’humidité doivent être étudiés avec attention.
Ce n’est donc pas une solution magique.
Mais c’est une piste architecturale passionnante, encore trop peu explorée dans l’habitat individuel.
5. Le terrain doit participer à la conception de la maison
On achète souvent un terrain, puis on cherche un modèle de maison à poser dessus.
Et si nous faisions l’inverse ?
L’orientation, la pente, la nature du sol, la végétation, les vues, les accès et les règles d’urbanisme devraient participer à la réflexion dès le départ.
Un terrain en pente, par exemple, peut sembler contraignant pour une maison traditionnelle.
Pour un habitat semi-enterré, il peut au contraire offrir des possibilités intéressantes.
Mais attention : un terrain séduisant n’est pas nécessairement constructible pour le projet envisagé.
Avant tout achat, il est indispensable de vérifier les règles d’urbanisme applicables et la faisabilité technique.
La bonne maison n’est pas seulement celle qui nous plaît. C’est aussi celle qui trouve naturellement sa place sur son terrain.
6. Penser au budget dès les premières idées
Construire autrement ne signifie pas automatiquement construire moins cher.
Une architecture originale peut nécessiter des études spécifiques, des matériaux particuliers ou des techniques de construction exigeantes.
En revanche, réduire les surfaces, simplifier les équipements et envisager une part d’autoconstruction peuvent ouvrir des perspectives intéressantes.
Le véritable objectif n’est pas de construire au prix le plus bas, mais d’obtenir le meilleur équilibre entre coût, qualité, confort et durabilité.
Il faut également anticiper les dépenses moins visibles : études, autorisations, terrassement, raccordements, assainissement, assurances et imprévus.
Un projet réaliste commence par un budget réaliste.
7. GreenPod : ma façon d'explorer une autre manière d'habiter
C’est précisément à partir de ces réflexions que j’ai imaginé GreenPod.
Un petit habitat bioclimatique, semi-enterré et végétalisé, que l’on pourrait comparer à une maison de Hobbit contemporaine.
L’idée n’est pas de reproduire les grandes maisons bulles spectaculaires que j’admire depuis des années.
Il s’agit plutôt de s’inspirer de leur philosophie pour imaginer des habitations plus petites, plus accessibles et mieux adaptées aux besoins de chacun.
Avec une attention particulière portée à l’orientation, à la compacité, à la lumière naturelle et à l’intégration dans le paysage.
GreenPod est encore un concept en développement, avec des questions techniques, réglementaires et économiques à résoudre.
Mais il repose sur une conviction qui m’accompagne depuis longtemps :
Nous n’avons pas forcément besoin de construire de meilleures versions des maisons traditionnelles. Nous pouvons aussi imaginer une autre façon de concevoir et d’habiter.
Conclusion : et si tout commençait par une question ?
Avant de choisir un constructeur, une technique ou même un terrain, je vous invite à vous poser cette question :
De quoi ai-je réellement besoin pour bien vivre ?
Pas ce que les habitudes nous imposent.
Pas ce que les catalogues nous proposent.
Mais ce qui correspond véritablement à notre quotidien, à nos envies et à nos moyens.
C’est peut-être là que commence la construction d’une maison différente.
Et, plus largement, une autre façon d’habiter.
Bonjour chez vous !
Philippe Delage
Créateur du concept GreenPod
Et si l’habitat bulle enterré vous intéresse, vous pouvez télécharger mes 5 vidéos sur le sujet en cliquant ici.
