Qu'est ce que le PAHS ?
PAHS : le système révolutionnaire de John Hait pour chauffer une maison… presque sans chauffage
Et si la terre devenait votre chauffage naturel ?
Depuis des décennies, la construction moderne cherche à améliorer l’isolation des bâtiments :
- murs plus épais,
- triple vitrage,
- VMC double flux,
- pompes à chaleur,
- technologies toujours plus complexes.
Mais un physicien américain nommé John Hait a proposé une idée totalement différente.
Une idée à la fois :
- simple,
- fascinante,
- et presque contre-intuitive.
Son concept s’appelle :
PAHS — Passive Annual Heat Storage
En français :
« stockage passif annuel de chaleur ».
Le principe ?
Utiliser la terre autour de la maison comme une immense batterie thermique naturelle. Et selon John Hait, cela permettrait de maintenir une température confortable toute l’année, avec très peu de chauffage, voire quasiment aucun.
Qui est John Hait ?
John Hait est un physicien américain connu pour ses recherches sur :
- les maisons enterrées,
- l’inertie thermique,
- et le stockage saisonnier de chaleur.
Dans les années 1980, il développe le concept de PAHS après avoir observé un phénomène naturel : le sol conserve la chaleur pendant extrêmement longtemps.
Il publie ensuite ses recherches dans un ouvrage devenu culte dans le monde de l’architecture bioclimatique :
- Passive Annual Heat Storage: Improving the Design of Earth Shelters
Ce livre va fortement influencer :
- les maisons autonomes,
- les earthships,
- les habitats enterrés,
- et de nombreux projets low-tech.
Le problème des maisons classiques
Selon John Hait, la majorité des maisons modernes souffrent d’un problème fondamental : elles luttent constamment contre leur environnement.
En hiver :
- on chauffe énormément,
- puis cette chaleur s’échappe rapidement.
En été :
- la maison surchauffe,
- et on tente ensuite de la refroidir artificiellement.
Résultat :
- consommation énergétique importante,
- dépendance aux systèmes techniques,
- coûts élevés.
Le PAHS propose une approche totalement différente : travailler AVEC la nature plutôt que contre elle.
Le principe du PAHS expliqué simplement
Le système repose sur une idée centrale :
- stocker la chaleur de l’été pour l’utiliser plusieurs mois plus tard en hiver.
Cela fonctionne grâce à :
- l’inertie thermique du sol,
- le déphasage naturel de la chaleur,
- et une isolation spécifique autour de la maison.
La terre comme batterie thermique
Le sol possède une énorme capacité de stockage thermique. Autrement dit, il peut absorber énormément de chaleur, puis la restituer très lentement.
John Hait a compris qu’en contrôlant correctement ce phénomène, le terrain autour de la maison pouvait devenir un gigantesque accumulateur thermique naturel.
Pendant l’été :
- le soleil chauffe la maison,
- la chaleur migre progressivement dans le sol,
- et la terre emmagasine cette énergie.
Puis plusieurs mois plus tard :
- la chaleur revient naturellement vers la maison,
- au moment où les températures extérieures chutent.
C’est ce qu’on appelle :
le stockage thermique intersaisonnier.
Le phénomène clé : le déphasage thermique annuel
C’est probablement l’aspect le plus fascinant du PAHS. La chaleur se déplace très lentement dans le sol. Très lentement.
Cela signifie que la chaleur captée en août peut revenir vers l’habitation en décembre ou janvier.
La terre agit donc comme une mémoire thermique saisonnière.
John Hait exploite ce phénomène naturel pour créer une maison capable de lisser les températures sur toute l’année.
Le fameux "parapluie thermique"
Le cœur du système PAHS repose sur ce que John Hait appelle : l’umbrella, ou en français : le parapluie thermique, une membrane étanche, associée à une isolation, placée au-dessus et autour de la maison, parfois sur plusieurs mètres de distance. Son rôle est essentiel.
Pourquoi ce parapluie est indispensable
Sans protection :
- la pluie humidifie le terrain,
- et la terre humide dissipe rapidement la chaleur.
Or :
- la terre sèche conserve beaucoup mieux l’énergie thermique.
Le parapluie thermique permet donc :
- de garder le sol sec,
- de stabiliser la température,
- et de transformer toute la zone autour de la maison en masse thermique géante.
C’est ce qui rend le système si particulier.
Une maison presque sans chauffage
C’est l’une des affirmations les plus impressionnantes de John Hait.
Selon ses expérimentations :
- certaines maisons PAHS maintiennent environ 20°C toute l’année,
- avec très peu de chauffage,
- voire sans chauffage conventionnel.
Le système utiliserait principalement :
- le soleil,
- l’inertie thermique,
- la chaleur humaine,
- les appareils domestiques,
- et la chaleur stockée dans le sol.
Dans certains cas, les besoins énergétiques deviennent extrêmement faibles.
Pourquoi les maisons enterrées sont idéales pour le PAHS
Le PAHS fonctionne particulièrement bien avec :
- les maisons semi-enterrées,
- les habitats troglodytes,
- les earthships,
- les maisons bulles,
- et les maisons végétalisées.
Pourquoi ?
Parce que ces habitats bénéficient déjà :
- d’une forte inertie thermique,
- d’un contact direct avec la terre,
- et d’une forme compacte limitant les pertes énergétiques.
Autrement dit, la maison commence déjà à travailler avec le terrain.
Le lien fascinant avec les maisons bulles
Quand on observe certaines architectures organiques :
- maisons bulles,
- habitats enterrés,
- architectures végétalisées,
on retrouve énormément de principes proches du PAHS :
- formes compactes,
- faible surface déperditive,
- inertie thermique,
- intégration au paysage,
- protection naturelle contre les variations climatiques.
Ce n’est probablement pas un hasard.
Pourquoi ce concept revient aujourd'hui
Pendant longtemps, le PAHS est resté relativement confidentiel.
Mais aujourd’hui, l’explosion du prix de l’énergie, les préoccupations écologiques, et l’intérêt croissant pour le low-tech, redonnent énormément d’intérêt à ces approches.
Beaucoup de personnes cherchent désormais :
- des maisons plus autonomes,
- plus sobres,
- plus résilientes,
- et moins dépendantes de la technologie.
Le PAHS répond précisément à cette logique.
Une approche low tech avant l'heure
Ce qui rend le PAHS particulièrement intéressant aujourd’hui, c’est qu’il repose davantage sur la physique, la géologie, et le climat, que sur des machines complexes.
L’objectif n’est pas d’ajouter toujours plus de technologie, mais d’utiliser intelligemment les propriétés naturelles du terrain. C’est une vision très différente de la construction moderne.
Les limites du PAHS
Même si le concept est passionnant, il faut rester nuancé.
Le PAHS présente aussi certaines limites.
1. Peu d’études scientifiques officielles
Le système repose beaucoup sur :
- des expérimentations,
- des observations terrain,
- et des retours d’expérience.
Certaines affirmations de John Hait restent débattues dans le monde scientifique.
2. Tous les terrains ne sont pas adaptés
Le PAHS fonctionne mieux :
- sur terrain drainant,
- avec faible humidité,
- et bonne exposition solaire.
Les terrains très humides compliquent fortement le stockage thermique.
3. Temps de stabilisation
Le système peut nécessiter plusieurs années avant que la masse thermique atteigne son équilibre optimal. Le terrain doit progressivement « se charger » en chaleur.
Et si l'avenir de l'habitat était plus simple
Le PAHS pose finalement une question fascinante : et si la maison du futur était moins technologique… mais plus intelligente ?
Dans un monde où l’énergie devient plus chère, les ressources se raréfient, et les besoins de sobriété augmentent, des concepts comme celui de John Hait retrouvent aujourd’hui une incroyable modernité.
Le parallèle évident avec GreenPod
Quand on observe le concept GreenPod :
- habitat semi-enterré,
- toiture végétalisée,
- orientation sud,
- forte inertie,
- architecture compacte,
- faible besoin énergétique,
on retrouve naturellement plusieurs principes proches du PAHS.
L’idée n’est plus simplement de construire une maison, mais concevoir :
- un micro-climat,
- une relation avec le terrain,
- et un habitat capable de fonctionner presque naturellement.
Et finalement… n’est-ce pas exactement ce que recherchent aujourd’hui de plus en plus de personnes ? Et vous, êtes-vous prêt à vivre dans un habitat autonome comme le GreenPod ?

7 réflexions sur “Qu’est ce que le PAHS ?”
Ping : Apprendre a construire la maison du futur | Construire une maison bulle
Ping : Pourquoi devrions nous vivre sous terre ? |
L’homme ne pouvant vivre sans lumière naturelle sans risquer des maladies graves (des carences ont été décelées sur les personnes travaillant dans les galeries marchandes), comment ce manque de lumière est-il compensé dans ce genre de structure ?
Bonjour Viviane
Le PAHS, ce n’est pas une grotte. Des milliers de personnes vivent dans des troglos à travers le monde.
Je vous invite à parcourir le site, vous y découvrirez sans doute les réponses a vos interrogations…
Philippe
évidemment ! de larges fenêtres et ouvertures sont pleins sud de façon a éclairer toute la maison et un puits de lumière également
Bonsoir . Je recherche une personne ayant réalisé une maison selon les idées de John Hait .
Bonjour Laurent et merci de ton commentaire
A ma connaissance, il n’y a pas de maison construite selon les idées de John Hait en France.
Plusieurs sont en construction ou essaient de s’en approcher ; Bruce près de Toulouse, Bernard en Cote d’Or et moi-même, c’est parce qu’il n’y a personne que nous le faisons…
Et malheureusement, John Hait n’a jamais voulu nous donner les adresses de ses réalisations.
Nous avons juste le contact avec Tom en Virginie.
Ou es tu Laurent ?
Philippe