Pourquoi nos maisons deviennent-elles invivables pendant les canicules ?
Il est 16 heures. Dehors, le thermomètre affiche 39°C. Vous rentrez chez vous après une journée de travail en espérant trouver un peu de fraîcheur, mais lorsque vous ouvrez la porte, une vague de chaleur vous accueille. À l’intérieur, il fait plus chaud qu’à l’extérieur. Vous fermez les volets, vous ouvrez les fenêtres, vous allumez un ventilateur, parfois même la climatisation. Et malgré tout, le confort n’est plus au rendez-vous. Cette situation devient de plus en plus fréquente.
Et une question se pose :
Nos maisons sont-elles encore adaptées au climat qui nous attend ?
Si le sujet de la canicule vous intéresse, je vous invite à visionner mes 5 vidéos sur le sujet, en cliquant ici.
Des étés qui n'ont plus rien à voir avec ceux de notre enfance
Pendant longtemps, les épisodes de fortes chaleurs étaient exceptionnels, mais aujourd’hui, ils deviennent la norme. Les températures dépassant 35°C se multiplient. Certaines régions françaises connaissent désormais régulièrement des pointes à 40°C. Des températures autrefois associées au sud de l’Espagne, au Maroc ou à certaines régions désertiques. Les climatologues nous expliquent que cette tendance devrait continuer dans les années à venir. Sans entrer dans les débats politiques, un constat s’impose : Les étés sont plus chauds qu’avant et nos habitations doivent s’adapter.
Pourquoi nos maisons surchauffent-elles ?
La plupart des logements construits depuis plusieurs décennies ont été pensés principalement pour l’hiver.
L’objectif était simple :
Garder la chaleur, isoler davantage, pour réduire les besoins de chauffage.
Sur le papier, cela semble logique, mais lorsque les températures extérieures atteignent 38 ou 40°C pendant plusieurs jours, le problème s’inverse. La chaleur entre dans la maison. Les murs emmagasinent l’énergie (chaleur). Le toit chauffe toute la journée. Les vitrages laissent entrer le rayonnement solaire. Et la nuit, le bâtiment continue à restituer cette chaleur.
Résultat :
La maison devient un véritable accumulateur thermique (c’est ce qu’on voudrait mais en hiver).
La climatisation : une solution qui pose d'autres problèmes
Face à la chaleur, de plus en plus de Français installent une climatisation. À première vue, la solution semble idéale. Quelques degrés de moins suffisent souvent à retrouver du confort.
Mais cette réponse soulève plusieurs questions :
- D’abord, elle augmente la consommation électrique,
- Ensuite, elle représente un investissement supplémentaire.
- Installation, entretien, réparations éventuelles, consommation énergétique…
Sans oublier le paradoxe :
Plus il fait chaud, plus nous consommons d’électricité pour nous refroidir. Une logique qui risque de devenir difficile à soutenir à grande échelle dans les années à venir.
Peut-on construire autrement ?
Depuis des milliers d’années, certaines populations ont appris à vivre dans des régions très chaudes, sans climatisation, sans technologie sophistiquée.
- Kandovan en Iran,
- les indiens Anasazis aux Etats-Unis,
- le château d’Ortahisar en Turquie,
- Matera en Italie,
- Matmata en Tunisie,
- le village de Purullena en Andalousie (Espagne),
- la falaise de Bandiagara au Mali,
- …
Comment ont-ils fait ?
Tout simplement en utilisant les propriétés naturelles du sol. Il y a d’abord les maisons troglodytes ou troglodytiques que l’on retrouve partout dans le monde, pas seulement en France. Les habitations semi-enterrées. Les constructions en terre. Les caves.
Tous ces espaces partagent une caractéristique commune :
Ils profitent de l’inertie thermique naturelle de la terre. À seulement 1 mètre sous terre, la température se situe autour de 13 degrés toute l’année. Même lorsque l’air extérieur devient étouffant, sous terre, il est agréable.
Le retour des maisons semi-enterrées
Aujourd’hui, de plus en plus d’architectes s’intéressent à nouveau à la construction enterrée ou semi-enterrée (recouverte de terre). Non pas par nostalgie, mais parce qu’elle répond à un besoin concret.
Comment conserver un habitat confortable lorsque les températures augmentent ?
Les maisons semi-enterrées utilisent la terre comme une protection naturelle contre les excès climatiques.
- En été, elles limitent fortement les surchauffes.
- En hiver, elles réduisent les pertes de chaleur.
Le tout avec une consommation énergétique très faible.
Une autre façon de penser l'habitat
Pendant des décennies, nous avons cherché à lutter contre notre environnement avec :
- Toujours plus d’isolation.
- Toujours plus de chauffage.
- Toujours plus de climatisation.
Et si la solution consistait simplement à travailler avec la nature plutôt que contre elle ?
Les fortes chaleurs que nous connaissons aujourd’hui nous obligent peut-être à repenser certaines certitudes. La maison du futur ne sera peut-être pas plus technologique. Elle sera peut-être simplement plus intelligente, plus sobre, plus proche du terrain sur lequel elle est construite.
Conclusion
Lorsque les températures atteignent 35, 38 ou même 40°C et plus, la question n’est plus de chercher comment adapter nos logements à cette chaleur. La question est de comprendre pourquoi il est indispensable de repenser nos habitats. Et dans cette optique, les maisons semi-enterrées offrent une piste particulièrement intéressante.
Elles ne sont peut-être pas une solution miracle, mais elles démontrent qu’il est possible de vivre confortablement tout en réduisant sa dépendance aux systèmes de climatisation.
À l’heure où les canicules deviennent plus fréquentes, il est peut-être temps de regarder sous nos pieds pour imaginer les habitats de demain. Car la meilleure climatisation est peut-être celle que la nature nous offre déjà depuis des millions d’années.
