Comment vivrons-nous en 2050 ?
Les maisons de demain devront-elles être enterrées ?
Pendant longtemps, nous avons considéré les canicules comme des événements exceptionnels. Mais si ces épisodes deviennent fréquents, une question s’impose :
Nos maisons sont-elles réellement adaptées au climat de demain ?
Car selon les climatologues, les vagues de chaleur que nous connaissons aujourd’hui pourraient devenir la norme d’ici 2050. Ainsi dans certaines régions d’Europe, des températures comprises entre 45 et 50 °C ne sont plus à exclure…
Des étés qui changent radicalement
Beaucoup d’entre nous se souviennent des étés de leur enfance. Les journées étaient parfois chaudes, mais les nuits permettaient généralement de retrouver un peu de fraîcheur.
Aujourd’hui, les records de température tombent presque chaque année. Les périodes de canicule sont plus longues, les nuits tropicales se multiplient et certaines régions françaises dépassent régulièrement les 40 °C. Le phénomène n’est plus ponctuel. Il s’installe progressivement.
Si cette tendance se poursuit, nos habitudes de vie devront évoluer.
Pourquoi nos maisons deviennent des fours ?
La majorité des logements construits ces dernières décennies ont été pensés principalement pour limiter les pertes de chaleur en hiver. En revanche, ils sont souvent beaucoup moins performants lorsqu’il s’agit de se protéger contre une chaleur extérieure persistante. Par exemple, sous une toiture fortement exposée au soleil, la température intérieure peut rapidement devenir difficile à supporter. Pour se protéger de la chaleur, beaucoup de familles ferment les volets toute la journée, vivent dans la pénombre et attendent désespérément que la température baisse le soir. Mais lorsque la nuit reste à 28 °C ou 30 °C, la maison n’a plus le temps de se refroidir.
La climatisation est-elle une réponse ?
Face à ces épisodes de chaleur, la climatisation apparaît souvent comme la solution la plus simple et rapide. Elle apporte il est vrai un confort immédiat, mais elle présente également plusieurs inconvénients :
- une consommation électrique importante ;
- des factures d’énergie en hausse ;
- une dépendance à l’électricité lors des périodes les plus critiques ;
- un rejet de chaleur vers l’extérieur qui participe aux îlots de chaleur urbains.
Si demain plusieurs millions de logements fonctionnent en permanence avec des climatiseurs pendant plusieurs semaines, cela représentera un défi majeur pour notre réseau électrique.
Peut-être faudrait-il réfléchir autrement.
Et si nos ancêtres avaient déjà trouvé la solution ?
Bien avant l’apparition des climatiseurs, de nombreuses civilisations vivant sous des climats très chauds avaient développé une architecture particulièrement intelligente. Dans plusieurs régions du monde, les habitations étaient totalement ou partiellement enterrées.
Pourquoi ?
Parce que la terre constitue un formidable régulateur thermique. À quelques mètres de profondeur, la température reste relativement stable tout au long de l’année et cette inertie naturelle permet de conserver une agréable fraîcheur en été tout en limitant les besoins de chauffage durant l’hiver.
Ce principe existe depuis des milliers d’années.
Pourquoi construire avec la nature ?
Aujourd’hui, nous cherchons souvent à lutter contre la chaleur à l’aide d’équipements toujours plus puissants, pourtant, une autre approche consiste à concevoir des bâtiments qui utilisent les qualités naturelles de leur environnement. On les appellent les maisons bioclimatiques. Et au milieu de celles-ci, il y a les maisons enterrées, semi-enterrées ou recouvertes de végétation. Une maison semi-enterrée profite de la protection offerte par le terrain. La toiture végétalisée limite fortement les surchauffes car l’inertie thermique du sol absorbe une grande partie des variations de température.
Résultat : une température intérieure beaucoup plus stable, sans avoir recours en permanence à une climatisation énergivore.
Pourquoi l'avenir est aux maisons semi-enterrées ?
Depuis plusieurs années, de nombreux architectes remettent au goût du jour les habitats intégrés au paysage. Je vous ai déjà parlé du suisse Peter Vetsch, du mexicain Javier Senosiain, de l’américain Mickael Reynold’s, mais il y a aussi des particuliers ou des concepts comme le Green Magic Homes ou des petits constructeurs comme le NaturaDome ou le ScoopHome de Matthieu Floury.
Ces constructions offrent plusieurs avantages :
- un excellent confort d’été ;
- une consommation énergétique réduite ;
- une parfaite intégration dans la nature ;
- une meilleure protection contre les variations climatiques.
Ce type d’habitat n’est plus réservé à quelques projets expérimentaux, il pourrait devenir une véritable réponse aux défis climatiques des prochaines décennies.
GreenPod : l'habitat de demain
C’est précisément cette réflexion qui m’a conduit à développer le concept GreenPod. L’idée n’est pas simplement de construire une maison différente, l’objectif est d’imaginer un habitat plus sobre, plus résilient et capable d’offrir un confort naturel, même (et surtout) lorsque les températures extérieures deviennent extrêmes.
Les épisodes de canicule que nous vivons aujourd’hui nous donnent peut-être un aperçu de notre futur. Plutôt que de chercher sans cesse à refroidir des maisons qui surchauffent, il est peut-être temps de repenser complètement notre manière de construire et de devenir acteur de notre futur.
En conclusion
Personne ne peut prédire exactement à quoi ressemblera le climat en 2050. En revanche, une chose semble certaine : les épisodes de chaleur extrême seront probablement plus fréquents et nos logements devront évoluer.
Les maisons semi-enterrées, longtemps considérées comme atypiques, pourraient bien redevenir une évidence.
Finalement, l’habitat du futur sera peut-être celui qui saura simplement s’inspirer de la nature.
Si vous voulez aller plus loin dans votre réflexion, je vous invite à visionner 5 vidéos sur le sujet, en me laissant vos coordonnées ici. A bientôt.
