Green Magic Homes en France : je réponds à la question de Valérie
Je reçois régulièrement des messages de lecteurs qui cherchent à construire une maison enterrée ou semi-enterrée.
Et parfois, leurs questions méritent une réponse plus large, parce que je sais que beaucoup d’entre vous se posent exactement les mêmes.
C’est le cas de Valérie, qui m’a récemment écrit :
« Bonjour,
tout d’abord merci beaucoup pour tous vos conseils. Il est souvent difficile de s’y retrouver dans ce type de projet. Concernant Green Magic Homes, j’ai vu qu’ils avaient sorti un nouveau type d’habitat plus sain.
Avez-vous de nouvelles informations les concernant ?
Apparemment ils pourraient maintenant vendre en Europe.
Je vous en remercie par avance,
Valérie »
Quelques jours plus tard, Valérie est également tombée sur un ancien article de mon blog consacré à Almoe et au concept Green House, publié il y a déjà plusieurs années.
Elle a alors répondu à Olivier, qui avait participé à la discussion à l’époque :
« Bonjour Olivier,
votre message date de 2017 et je vous lis en 2026.
Faites-vous toujours partie de l’entreprise Almoe, et si oui les autorisations françaises ont-elles avancé dans le bon sens ?
Je recherche des renseignements dans le but de pouvoir construire une maison enterrée dans le département de l’Ain fin 2027.
Au plaisir d’échanger,
Valérie »
Et je trouve que ces deux messages résument très bien le problème.
Il est difficile de s’y retrouver.
Quand on commence à rechercher une solution pour construire une maison enterrée, on découvre assez rapidement différents noms : Almoe, Green Magic Homes, Biotekt, et maintenant Wonderful Structures.
Le problème, c’est qu’Internet n’oublie rien.
On trouve encore des articles, des vidéos et des commentaires publiés il y a cinq, dix ou parfois quinze ans. Certaines informations restent pertinentes, d’autres beaucoup moins, et il devient difficile de savoir quels systèmes sont réellement disponibles aujourd’hui.
Je suis moi-même ces différentes solutions depuis de nombreuses années et j’ai consacré plusieurs articles à certaines d’entre elles. Le principe m’a toujours intéressé : créer des éléments préfabriqués permettant de construire relativement facilement une structure courbe, puis la recouvrir de terre pour obtenir une maison semi-enterrée.
Sur le papier, c’est extrêmement séduisant.
Alors, peut-on construire une Green Magic Home en France ?
C’est là que les choses deviennent plus compliquées.
Le fait qu’un fabricant puisse vendre ou expédier un système constructif en Europe ne signifie pas nécessairement que l’on puisse construire avec ce système aussi simplement qu’avec une technique traditionnelle.
Pour une habitation permanente, il faut évidemment obtenir une autorisation d’urbanisme, mais se posent également les questions de conformité du procédé constructif, de justification structurelle, de comportement au feu, d’assurance et, suivant le projet, des exigences thermiques et environnementales applicables.
C’est précisément l’un des problèmes auxquels sont confrontés beaucoup de procédés constructifs innovants.
Une technologie peut être parfaitement intéressante et fonctionner dans plusieurs pays, tout en étant beaucoup plus difficile à mettre en œuvre en France.
Je préfère donc rester prudent : avant d’acheter un système étranger, il faut vérifier précisément avec le fabricant, les professionnels concernés, l’assureur et les autorités compétentes quelles validations sont disponibles pour un projet situé en France.
Et Almoe dans tout cela ?
Almoe est particulièrement intéressant dans cette histoire parce qu’il s’agit d’une aventure française que je suivais déjà il y a plusieurs années.
Dans mon ancien article, j’évoquais les difficultés rencontrées pour faire reconnaître et développer ce type de procédé en France. C’est d’ailleurs assez révélateur. Nous savons fabriquer des voitures extrêmement complexes, envoyer des satellites dans l’espace et construire des immeubles de plusieurs centaines de mètres de hauteur… Mais lorsqu’on veut construire une petite maison recouverte de terre avec un procédé inhabituel, cela peut devenir étonnamment compliqué !
Il y a évidemment de bonnes raisons derrière certaines de ces exigences : une maison doit rester sûre pendant des décennies. Mais cela montre aussi combien notre système constructif est organisé autour de techniques déjà connues et éprouvées.
La question de Valérie est finalement très simple
Valérie ne cherche pas à devenir spécialiste des procédés constructifs, elle veut simplement construire une maison enterrée dans l’Ain en 2027. Et, comme beaucoup de personnes, elle cherche une solution simple. C’est probablement pour cela que Green Magic Homes attire autant. On voit des modules arriver sur un chantier, être assemblés, puis recouverts de terre. On se dit immédiatement :
« Voilà ! C’est exactement ce qu’il me faut. »
Je comprends parfaitement cette réaction. J’ai eu la même. Mais il faut ensuite confronter cette simplicité apparente à la réalité du terrain, du permis, de la structure, de l’étanchéité, du drainage, de l’isolation, des assurances et de la réglementation.
Une maison enterrée reste une maison.
C'est aussi ce qui m'a conduit vers GreenPod
Avec le temps, ma réflexion a évolué. Plutôt que de chercher absolument un système industriel permettant de construire une grande maison enterrée, je me suis demandé s’il n’était pas possible de prendre le problème dans l’autre sens.
Et si nous commencions par construire plus petit ? Une structure simple. Des formes courbes. Des matériaux relativement courants. Une maison semi-enterrée bénéficiant de l’inertie thermique de la terre. Et surtout une construction suffisamment compréhensible pour qu’une personne motivée puisse participer elle-même à une grande partie du chantier.
C’est progressivement cette réflexion qui m’a conduit au concept GreenPod.
Mais il existe une différence importante avec la recherche de Valérie :
GreenPod est aujourd’hui pensé principalement pour l’auto-construction. Il faut donc avoir envie de mettre les mains dans le projet, d’apprendre et de construire, ou de trouver des artisans prêts à accompagner cette démarche. Ce n’est pas encore la petite maison semi-enterrée que l’on commande le lundi pour la faire installer le mois suivant. Et je comprends parfaitement que certaines personnes recherchent justement cette solution clé en main.
Alors, quelle solution pour Valérie ?
Je lui ai d’ailleurs posé deux questions :
- Êtes-vous un peu bricoleuse ?
Et :
- Quels sont réellement vos besoins ?
Parce qu’avant de choisir Green Magic Homes, GreenPod, Naturadome, Scoophome ou n’importe quel autre système, il faut commencer par là.
- Quelle surface ?
- Pour combien de personnes ?
- Quel budget ?
- Quel terrain ?
- Auto-construction ou construction par une entreprise ?
- Résidence principale, secondaire ou gîte ?
Ce sont les réponses à ces questions qui permettent ensuite de chercher la bonne technique, et non l’inverse.
Merci Valérie !
Je remercie donc Valérie de m’avoir posé cette question. Elle m’a également donné une idée. À partir d’aujourd’hui, je vais essayer de répondre régulièrement sur ce blog à vos propres questions. Parce que si une personne prend le temps de me poser une question, il y a de fortes chances que des dizaines d’autres se posent exactement la même. Alors si vous avez une interrogation concernant les maisons bulles, les maisons semi-enterrées, l’auto-construction, le bioclimatisme ou GreenPod, écrivez-moi. Votre question sera peut-être la prochaine à laquelle je répondrai ici.
Bonjour chez vous,
Philippe Delage
Créateur du concept GreenPod
Et comme toujours, si vous souhaitez en savoir plus, visionnez mes :
5 vidéos sur les maisons GreenPod en cliquant ici.
